SOMALIE

La Somalie n’est pas la destination la plus évidente pour les vacances. C’est certain, soyons francs. La plupart d’entre nous ne sait pas épeler Mogadiscio, ni même situer le pays sur une carte. La majorité d’entre nous parlera de la famine, de l’exode, des images cruelles qui, elles aussi font le monde. Les mieux informés diront que le pays est le plus corrompu au monde, que le système postal ne fonctionne plus et que le pays est en faillite. Quelques-uns diront quand même « C’est de là-bas que vient Iman. Tu sais, la femme de David Bowie ».

C’est vrai. Mais il y a autre chose. Une autre réalité. 

Somalie, « somali » viendrait de la contraction des mots « soo » et « maal » qui signifient « aller traire le lait ». La Somalie a été une terre d’abondance, réputée pour sa verdeur et son bétail. D’autres avancent même que le nom viendrait de l’arabe « dhawamaal » qui signifie riche. 

Le pays porte une des cultures les plus riches au monde : une gastronomie fantastique, des langues et des chants, des légendes et des mythes. Une architecture si ancienne qu’elle l’on situe certaines constructions comme datant du Moyen-âge. 

La Somalie est une terre de poésie. Hérité de la culture arabo-musulmane, l’art de conter permettait de dire les nouvelles du monde et du pays, l’amour et le désespoir, la chaleur du foyer et la beauté des plages de l’océan Indien. 

Dans les années 70, juste après son indépendance (colonie partagée entre le Royaume-Uni et l’Italie), le pays se lance dans une ambitieuse politique culturelle. Mogasdicio est la perle de l’Océan Indien, un centre culturel et émotionnel essentiel dans cette région de l’Afrique. C’était le monde avant, avant que le pays ne se noie.

Voilà la leçon que nous pouvons apprendre de la Somalie. Soignons nos auteurs et nos peintres. Encourageons nos chanteurs et nos danseurs. Acclamons nos comédiens et nos sportifs. Protégeons nos sculpteurs et nos réalisateurs.Ils sont nos héros et nos voix. Ils portent nos maux. Et si nous un jour, nous devions partir de chez nous, nous ne pourrons peut-être emporter que leurs mots.

 

 MUSIQUE | SOMALIE

African Movida 

 

Les années 70, musicalement, sont incroyables. Sur toute la planète, la musique était bonne, folle. En Somalie aussi. La jeunesse dansait et chantait. Rock alternatif et nouveaux rythmes. Brillant. Sharero Band est sans doute la plus élégante illustration de cette vivacité. 

 

 

 MUSIQUE | SOMALIE

Pop africana

 

En voilà d’autres. Dur Dur Band a poppé à la fin des 70s, pile au tournant de la carrière solo de Michael Jackson. Le pays s’était rapproché des USA et l’influence de la musique américaine sur la psyché musicale de la scène locale est un bonheur. 

 

 

 POÉSIE | SOMALIE

La voix des autres

Le plus frappant exemple de la poésie contemporaine somalienne est Warsan Shire. Rencontrée au long de l’album phénomène « Lemonade », publié en 2016 par une certaine Beyoncé. Warsan est engagée, furieuse, somptueuse. 

En 2017, elle publie Home, un poème sur le départ et l’exode, dans lequel on peut lire la phrase suivante « Personne ne quitte son foyer, à moins que celui-ci ne soit la gueule d’un requin ». 

Elle n’est pas encore traduite en français. Anyone?

En savoir plus ici.

 

 MUSIQUE | SOMALIE

Aujourd’hui

 

Premier signe du retour au bonheur : la renaissance musicale. La jeunesse somalienne s’enthousiasme, qu’elle soit locale ou de la diaspora pour le Dhaanto. Avec en porte-drapeau, le vibrant K’Naan.