RUSSIE

L’âme russe est millénaire et singulière. Elle s’est construite sur le territoire le plus vaste de la planète. D’abord un ensemble de royaumes, puis un empire fantastique et enfin la république que nous connaissons, en passant par un régime communiste.

Avec près de 147 millions d’habitants, la Russie est très fortement urbanisée : on parle souvent de Moscou et Saint Petersbourg, mais il faut aussi compter avec Novossibirsk, Ekaterinbourg ou encore Rostov-sur-le-Don.

D’Ivan IV, dit le Terrible, qui fût le premier Tsar à Nicolas II, l’histoire de la nation russe s’est faite selon la volonté d’hommes et de femmes de poigne, parfois brutaux, souvent d’une très grande intelligence, toujours déterminés. Catherine II, despote éclairée, était inspirée par la philosophie des Lumières et modernisa la pensée russe en soutenant les arts et les lettres et entretint une amitié avec Diderot et Voltaire. Et puis il y eut la dynastie Romanov pour un début de stabilité, avant la déferlante conspirationiste !

Il faut parler aussi du froid rude, des températures extrêmes (jusqu’à -70° furent enregistrés dans la ville de Verkhoïansk) qui forgent ce caractère taiseux et résistant.  Les eaux brunes et vertes de la Volga et le miroir bleu et argent du lac Baïkal. La toundra et les steppes, balayées par des vents fous et rapides. Le culte or et pourpre du christianisme orthodoxe et la sévérité des Popes. Les livres denses, ces éclats de génies de Tolstoï, Dostoïevski, Gogol ou Pouchkine. Les ballets et les danseurs et les oeuvres musicales célestes de Stravinsky, Rachmaninov ou Chostakovitch et Prokofiev.

L’âme russe est millénaire et singulière. Elle est fière, terrienne, généreuse et inventive, bâtie par l’hiver et les vents, et l’été, elle brûle comme mille soleils ardents.

 CINEMA | RUSSIE

Un landau devenu très célèbre à Odessa...

Sergeï Eisenstein réalise un film muet qui traite de la mutinerie du Cuirassé Potemkine dans le port d’Odessa. Du film, on se souvient d’une scène particulièrement forte : un landau qui dévale les escaliers du Primorsky, escaliers qui existent toujours.

C’est l’une des premières fois que l’on filme un travelling avant en plongé et cela ajoute au réalisme. Si la scène est difficile, elle fait partie de l’histoire du cinéma. Elle est réinterprétée par Brian de Palma dans les Incorruptibles ou Terry Gilliam dans Brazil. On l’a retrouve aussi dans la culture pop et l’imaginaire collectif grâce aux Simpsons ou, plus près de nous dans le très bon la Cité de la Peur des Nuls, qui rend hommage à d’autres grands oeuvres du 7ème art. 

 

 PHOTOGRAPHIE | RUSSIE

Un dernier hommage à la Russie d'avant

Sergeï Prokudin-Gorsky

Russia Before the Revolution, in Color est un témoignage précieux. Sergeï Prokudin-Gorsky se rend célèbre par un portrait de Léon Tolstoï en couleurs, en 1909.

Nicolas II, le dernier des Romanov, le charge alors de photographier les habitants de l’Empire. Il traverse le pays entier et fixe 10 000 images ! Et quelles images ! Celles d’un monde disparu, somptueux et simple, délicat et rude. Des oppositions, qui font la Russie. C’est troublant de voir ces personnes,paysans ou aristocrates, ouvriers et paysans, intellectuels et manuels, qui vivaient il y a plus de 100 ans, qui sont si proches de nous, qui sont nous.

 

 MUSIQUE | RUSSIE

Si t'écoute t.A.T.u., t'as tout compris

Qui a dit plaisir coupable ? Oui. Nous assumons. t.A.T.u. est important, pas simplement pour relancer une soirée poussive vers 02 heures du matin. Le nom du groupe est la contraction de Ta Lyubit Tu, « celle-ci qui aime celle-là ». Dans un pays qui censure aussi facilement qu’il emprisonne, deux jeunes femmes qui s’embrassent sous la pluie n’est pas anodin. Stratégie commerciale ou pas, ce type d’images, lorsqu’elles résonnent dans les esprits font plus pour la normalisation de toutes les manières d’aimer que la plupart des discours.

Dansez, dodelinez de la tête, et souvenez-vous...